Approfondissement
5 - J'y retourne par moi-même et ce que j'y vis
6 - Ma nouvelle amie n'apprécie pas le Katsugen et me quitte
7 - Le Katsugen devient pour moi une expérience vitale, profonde, et indispensable
8 - Les stages de Tsuda
9 - Comment Tsuda répond aux questions

5 - J'y retourne par moi-même et ce que j'y vis

Je pus donc retourner chez Tsuda de moi-même, ayant compris (ou du moins cru comprendre) ce qu'on y faisait.

Pour moi il s'agissait d'une bioénergie douce, sans stimulation émotionnelle.

On se baignait dans l'énergie du groupe, on se transmettait l'énergie les uns aux autres, d'abord par la "chaîne d'activation", en faisant un grand cercle en nous tenant tous par la main, puis en nous faisant "Yuki" mutuellement deux par deux, c'est à dire en dirigeant par la main et par la pensée notre respiration dans le corps du partenaire.

Il y avait en plus ce mouvement, que Tsuda appelait "Mouvement Régénérateur", qui ne pouvait se déclencher que si on ne l'attendait pas, et la consigne était, de ce point de vue là, de ne rien faire de particulier.

Il était dit de se laisser aller, aussi à chaque partie "mouvement" de la séance, je me laissais aller et tombais carrément de tout mon long.

Ce ne fut qu'après un grand nombre de séances que je commençai à sentir ma respiration emplir à chaque inspir mon abdomen, et que cela me donna l'impulsion de m'asseoir puis de rester assis, comme un ballon vide serait d'abord resté aplati par terre, puis, au fur et à mesure qu'il se serait gonflé, se serait également redressé.

Venant indépendamment, je venais à l'heure, et je pouvais profiter du petit discours que faisait toujours Tsuda en début de séance, toujours improvisé, plein d'humour et de vie. C'était sur n'importe quoi, ce qui lui passait par la tête à ce moment-là.

J'aurais bien voulu par la suite en faire autant, mais je n'en ai pas encore à ce jour été capable.

6 - Ma nouvelle amie n'apprécie pas le Katsugen et me quitte

Une amie que je m'étais faite au fameux stage de Lourmarin, et que j'avais à mon tour entraînée chez Tsuda, me disait ne venir presque que pour entendre ces petits discours.

A part cela, elle me disait volontiers que Tsuda, dans ses propos sur la maladie et la santé, était un menteur et un escroc.

D'ailleurs elle ne venait que rarement et n'a jamais, entre temps et par la suite, pratiqué par elle-même. Elle ne supportait pas que, quand nous étions ensemble, je pratique en sa présence, et il a même fallu que je fasse un choix : C'était le Katsugen ou elle.

7 - Le Katsugen devient pour moi une expérience vitale, profonde, et indispensable

Je n'avais pas vraiment le choix. Petit à petit, au cours des séances de Katsugen, j'avais ressenti de plus en plus profondément mon corps et ce qui se passait à l'intérieur de moi.

J'avais commencé à sentir la respiration qui descendait de plus en plus profond en moi, au fur et à mesure que mon abdomen se détendait.

Mon corps avait commencé à bouger. Je commençais à sentir toutes les parties de mon corps, à en être conscient en permanence.

Je sentais les parties tendues, dont je n'avais jamais eu conscience auparavant, et que le mouvement qui se déclenchait automatiquement avait pour effet de les détendre.

Je n'avais jamais connu une expérience de cette sorte auparavant, et je ne voyais pas quelle autre méthode aurait pu faire le même effet.

Cela me paraissait donc vital de continuer, j'en avait le plus grand besoin.

De toute façon mon corps s'était sensibilisé, je percevais toutes les tensions et tous les blocages que j'avais toujours eus sans les sentir jusqu’alors, et il n'était pas question que je garde ça.

Mon corps s'exprimait par des sensations que je percevais, et réclamait la liberté de mouvement pour se débloquer.

Il fallait que je lui donne l'espace et le temps pour ce faire.

8 - Les stages de Tsuda

Au début, mon bien-être se limitait à l'espace de temps d'une séance au Katsugen Kaï. Comme j'avais un gros besoin, j'allais à toutes les séances, tous les soirs, et au stages de W.E. une fois par mois.

Dans les stages, Tsuda faisait des discours plus longs qu'aux séances du soir, il y développait davantage sa philosophie.

Il disait en gros ce qu'on peut trouver actuellement dans ses livres. Il commençait par dire, ensuite il écrivait. Où peut-être avait-il déjà écrit quand il disait ?

Toujours est-il que ses discours paraissaient complètement spontanés, naturels, comme coulant de source, et bien sûr pleins d'humour.

Il avait tendance à parler longtemps, et quelquefois un participant s'endormait en ronflant bruyamment. Il disait alors : "Bon, je crois qu'il est temps de commencer la pratique".

En fait, c'était dans les stages que Tsuda donnait l'essentiel et le principal de ses idées.

Après la mort de Maître Noguchi, il pensa sans doute à la sienne propre et, pour nous inciter à nous débrouiller par nous-mêmes, il n'alla plus aux séances du soir, et n'apparut plus qu'aux stages

9 - Comment Tsuda répond aux questions

En fin d'exposé il demandait si quelqu'un avait des questions à poser. Mais personne ne se manifestait, il n'y avait jamais de questions.


Les questions, on pouvait les poser plus facilement au repas, en tête à tête, ou au café après la séance d'Aikido du matin.
Ici je suis juste à côté de Mr Tsuda, à droite.

Il répondait souvent d'une façon hermétique et difficilement compréhensible, qui demandait une participation active de réflexion, de méditation, d'expérience personnelle, pour être bien saisie.

Je crois que c'est pour çela que personne n'osait poser de question en public, de peur de passer pour un imbécile.